Que devrait être une « politique industrielle » moderne et en avons-nous besoin ? Un regard sur les débats européens et suisses

19. Juni 2026
von Dominique Foray (SSC/EPFL)
#französisch #Innovationspolitik

Le débat fait rage, tant en Suisse qu’en Europe ; Il occupe les médias, nourries aux avis des économistes, des industriels et des politiques. Ainsi le FAZ – grand journal libéral – tente de répondre à la question pourquoi l’Allemagne aurait besoin d’une ‘’autre’’ politique industrielle ; la NZZ – autre grand journal libéral – nous parle des vertus de la politique industrielle ‘’à la chinoise’’ ; bien évidemment – le Monde – le grand journal de Paris assez peu libéral – n’est pas en reste avec de multiples contributions des économistes les plus prestigieux et les débats radiophoniques fleurissent sur ces questions. Pour rendre compte de ces débats, j’ai donc simplement ‘’ouvert le journal’’ – et confronté les arguments, notamment présentés dans la presse francophone qui abonde d’articles très équilibrés sur le sujet (voir références ci-dessous).

Le décrochage européen – une crise de la productivité ?

A la source de ces interrogations, il y a un constat assez consensuel du décrochage de l’Europe en termes de richesse matérielle – mesurée par le PIB par tête – face aux Etats Unis. Les rapports s’accumulent sur ce décrochage. Ils observent une longue chute du PIB par habitant : sur la base d’un indice 100 qui représente le niveau du PIB/tête des Etats Unis durant la période 2003 - 2023, la zone euro est à 88 en 2023 alors qu’elle était proche de 100 en 2010. Ce décrochage peut s’expliquer sur la base de la célèbre formule des déterminants de la richesse des pays – mesurée par le PIB par tête ou Y/N. Avec Y/N = Y/H x H/N), on peut expliquer le décrochage soit par une crise de la productivité (Y/H) (on souffre alors d’un manque d’innovation), soit par un déficit en matière de quantité d’heures travaillées (H/N) (on travaille moins en Europe à cause notamment d’une plus faible participation au marché du travail des seniors et des jeunes ainsi que d’un temps libre plus abondant). Chacune des deux explications a une certaine validité – notamment celle tenant à une crise de la productivité. Comme l’écrivent Aghion et ses collègues : « La productivité par heure a progressé plus rapidement aux Etats Unis que dans l’UE depuis 1990, de quelques dixièmes de point par an en moyenne. Sur plus de trente ans, un écart substantiel s’est creusé ».

Cet argument du décrochage du PIB/tête et du rôle de la productivité est assez largement partagé. Outre Philippe Aghion, c’est également celui de Jean Tirole (autre prix Nobel) ou encore du récent rapport de l’OFCE sur ce sujet. C’est aussi celui porté par le désormais célèbre rapport Draghi sur la compétitivité européenne.

Quelques voix prestigieuses s’élèvent cependant contre une analyse jugée trop partielle – par exemple celles Zucman, Stiglitz ou Krugman (encore des prix Nobel !). On peut notamment retenir de la critique de Zucman le fait que la métrique utilisée – le PIB/tête - véhicule une vision productiviste de la performance économique. Le PIB/tête mesurerait donc, dans le cas de l’Europe, une certaine forme de faiblesse productive – mais celle-ci n’est-elle pas le prix à payer pour un certain nombre de ‘’vertus sociétales’’ qui coûtent, telles que plus de temps libre, moins d’inégalité, une meilleure espérance de vie ou une attention plus grande (même si elle est toute relative) à l’environnement ? Ainsi, une part de la richesse européenne n’apparaît pas dans le PIB/tête car elle se consomme en temps libre, en protection sociale ou en une meilleure préservation de l’environnement et du climat. La performance économique de l’Europe serait donc supérieure quand on intègre des critères plus inclusifs (sociaux et environnementaux). La critique de Krugman porte sur la fragilité des estimations économétriques. N’y aurait-il pas une sous-estimation chronique de la croissance de la productivité en Europe voire même une mauvaise interprétation de cet écart car il est presque uniquement dû aux performances du secteur de la tech aux Etats Unis ?

Cependant, comme l’écrit bien Aghion, ce qui fait aujourd’hui notre qualité de vie – une richesse plus inclusive – ne sera soutenable que si l’Europe parvient à renouer avec une dynamique de productivité à la hauteur de ses ambitions économiques, sociales et écologiques. Comment donc rattraper notre retard de productivité et quel rôle pour la politique industrielle ?

Une politique industrielle – centrée sur la productivité ?

Tandis que les écarts de taux d’emploi s’atténuent – selon Marie-Renée Andreescu, le taux de participation au marché du travail en Europe est en train de dépasser celui des Etats Unis pour différentes raisons tenant notamment aux crises d’outre atlantique (crise des opïoides, modèle social défaillant) - la priorité absolue revient donc à la croissance de la productivité. Si nouvelle politique industrielle il devrait y avoir, ce serait une politique intégrant dans un même cadre recherche et innovation, éducation et dans une certaine mesure immigration et régulation.

Recherche et innovation

Ce sont évidemment les piliers principaux – auxquels on pourrait rajouter les mécanismes de transfert de l’une à l’autre. Le déficit d’innovation européen est patent. Veugelers décrit la dégradation des positions européennes principalement dans le numérique et dans le secteur de la pharmacie. Ce déficit s’exprime notamment dans de moindres investissements en R&D en volume (par rapport aux Etats Unis et à la Chine), moins de brevets (par rapport au mêmes pays). On peut aussi observer l’écart dans le nombre de licornes (ces start-ups évaluées à plus de 1 milliard de dollars), 758 aux Etats Unis contre 112 en Europe et 343 en Chine, qui reflète un écosystème des start-ups bien plus performant dans le cas américain. Veugelers ajoute que des domaines où l’Europe est historiquement forte – par exemple le secteur automobile – seront très vite défiés par la convergence des technologies menant à la voiture autonome et par l’électrification des véhicules – deux domaines où respectivement les Etats Unis et la Chine nous ont déjà dépassé. Enfin, l’innovation se passe aujourd’hui dans des secteurs comme l’intelligence artificielle ou l’espace dans lesquels encore une fois notre retard est patent.

Education

C’est un point fondamental qui porte sur la réponse de l’offre de capital humain en quantité et qualité appropriée à la demande – émanant des industries et des entreprises innovantes. L’analyse de Jaravel qui porte sur la France mais peut être généralisée montre que la productivité est en forte croissance dans les secteurs qui requièrent à la fois des compétences mathématiques et analytiques et des compétences sociales (architectes, ingénieurs, informaticiens, etc..). Ce sont donc des compétences essentielles à enseigner et à transmettre tout au long de la vie. L’orientation scolaire est aussi un enjeu pour obtenir une meilleure allocation du capital humain vers les carrières de la science et de l’innovation. L’enjeu de l’orientation scolaire est essentiel notamment par rapport aux femmes ou aux personnes issus de milieux modestes – catégories qui restent sous-représentées dans ces domaines. Enfin la capacité d’un pays à concilier une filière d’éducation académique et une filière d’éducation professionnelle et pratique – sans que l’une ne soit le parent pauvre de l’autre – est un facteur-clé de productivité, comme le montre excellement l’exemple de la Suisse.

Immigration

On observe que l’immigration participe fortement au dynamisme de l’innovation aux Etats Unis, notamment parce qu’une part significative de cette immigration est composée de personnes très qualifiées ou en passe de le devenir, alors que l’Europe a une immigration à structure pyramidale, comme l’observe Hillel Rapoport, avec une base de personnes peu qualifiées assez large. En outre, l’immigration non qualifiée représente une incitation pour les nationaux à mieux se former en vue d’occuper de meilleurs emplois, puisque les emplois de moindre qualité seront laissés aux nouveaux arrivants (Hautcoeur).

Régulation

L’Europe souffre-t’elle d’une overdose de régulation qui pénaliserait l’innovation ? Peut-être mais ce n’est pas forcément le problème majeur même si le rapport récent de Barjak et al. montre que les entreprises y sont très sensibles. L’argument selon lequel les grandes firmes digitales américaines ont l’avantage car elles ne souffrent pas des mêmes obstacles réglementaires que les firmes européennes est trop simpliste – comme l’écrit très bien Anu Bradford – juriste à la Columbia Law School. Les facteurs énoncés précédemment – recherche, innovation, entrepreneuriat et formation - sont beaucoup plus importants pour expliquer le décrochage, de même que ceux que j’aborderai plus loin.

Trois conditions pour mener une nouvelle politique industrielle

Il semble donc important de mettre en oeuvre de nouvelles politiques industrielles orientées vers l’innovation. Il y a cependant trois conditions – l’une pour éviter les erreurs produites par les politiques industrielles anciennes qui consistaient essentiellement dans des interventions étatiques créant des distorsions de marché et aboutissant à mettre des secteurs en fin de vie sous perfusion. La deuxième condition est d’éviter le syndrome d’un pansement sur une jambe de bois ! La troisième revient à ne pas confondre cette nouvelle politique industrielle avec des politiques aujourd’hui à la mode de souveraineté technologique, même si il y a des liens entre les deux.

Concevoir une politique industrielle orientée vers le dynamisme et l’innovation

Cette condition renvoie à la conception des instruments et des interventions. Ici  - Dani Rodrik - le célèbre économiste de Harvard - est très inspirant. Ne refusant pas l’interventionnisme, il montre que celui-ci doit être traité dans le cadre d’une politique industrielle, conçue comme un processus de découverte et d’expérimentation. Aucune intervention ne peut être décidée à l’avance ! La bonne approche est celle de l’interaction stratégique entre les secteurs ou les entreprises et le Gouvernement pour révéler les obstacles, les contraintes et les opportunités d’innovation et découvrir la disposition à changer des acteurs au fur et à mesure que ces contraintes sont levées. En quoi, par exemple, la fourniture de certains biens publics spécifiques – un nouveau programme de formation, une nouvelle plate-forme de services, un nouveau centre de recherche appliquée – va permettre aux entreprises du secteur concerné d’accomplir leurs projets d’innovation qui étaient bloqués faute de ces biens publics. La composante bottom-up est donc forte et nécessaire et les objectifs de la politique ainsi que les instruments pour y parvenir varient forcément d’un secteur à un autre, voire même d’un territoire à un autre. Des politiques d’innovation orientées vers une mission sociétale spécifique – liée au climat, à l’environnement, à la santé ou à l’alimentation – ne doivent pas échapper à cette logique de découverte et d’expérimentation et donc à la composante bottom up, sous peine de retomber dans les travers des vieilles politiques étatiques centralisées. Lorsqu’une logique top-down est appliquée – comme dans le cas d’objectifs très précis pour faire sauter tel verrou technologique ou résoudre tel problème industriel - cette logique doit être soutenue par des mécanismes visant à apporter une grande discipline aux projets financés – comme ce que les programmes ARPA américains accomplissent (cf. European Policy Analysis Group, Falk, SWR). De nombreux rapports indiquent que les politiques de recherche et d’innovation de l’Union Européenne sont bien loin de ces principes. Elles ne permettent pas d’échapper au ‘’middle technology trap’’ (Fuest et al., European Policy Analysis Group).

Trois politiques complémentaires

La deuxième condition renvoie à ce qu’une politique industrielle isolée ne résoudra pas grand-chose, en ce qui concerne l’Europe. Sans d’autres politiques – au moins deux ! – elle fera l’effet du pansement sur la jambe de bois ! Comme Tirole et ses co-auteurs le disent bien, l’Europe ne manque pas d’argent pour financer l’innovation. Le problème est celui de la fragmentation du marché européen qui pénalise la rentabilité du capital privé investi dans l’innovation. L’accès précoce à un marché homogène est un avantage déterminant et l’Europe en est dépourvu. Le marché unique reste encore un mythe car en Europe 27 réglementations, fiscalités et marchés publics fragmentent le continent. Tant que la rentabilité perçue du capital-risque reste faible, notamment faute d’un marché fondamentalement intégré, les épargnants privilégieront la dette publique ou autres placements sûrs. De même, on attend avec impatience le 28ème régime d’entreprise en vue d’harmoniser 27 régimes différents (Garicano et al.). Ce 28ème régime existe en fait (Societas Europaea), mais il est peu efficace et peu visible et est donc ignoré par les entreprises (entre 3000 et 5000 entreprises l’utilisent parmi les 23 millions enregistrées dans l’Union Européenne).

Il y a une deuxième politique complémentaire à considérer qui renvoie à la nécessité d’amortir les effets sociaux de la destruction créatrice Schumpéterienne. Une politique industrielle bien conçue engendrerait un plus grand dynamisme et donc une destruction importante d’actifs (entreprises, personnes) – ceux qui opéraient dans les domaines dépassés et remplacés par l’innovation. La flexi-sécurité des pays scandinaves permet à la fois ce dynamisme et l’accompagnement des personnes déclassées vers les nouveaux métiers et les nouveaux domaines, grâce à des modèles de formation continue appropriés.

Enfin, la politique de la concurrence n’est pas une contrainte mais fait partie intégrante des stratégies d’innovation : en concevant des marchés ‘’contestables’’ ( inter-opérabilité des réseaux, portabilité des données, standards ouverts), on favorise l’entrée de nouveaux actieurs qui vont défier par l’innovation les positions acquises.

Ne pas confondre politique d’innovation et politique de souveraineté

ll ne faut pas mélanger les débats : celui de l’autonomie stratégique et de la souveraineté est un débat différent même s’il y a des interdépendances bien évidemment. Une politique industrielle bien conçue et menée - dans des domaines comme celui de l’IA ou de l’espace -permettra plus de souveraineté. Cependant des enjeux d’autonomie comme ceux liés aux matériaux critiques ou aux systèmes d’arme relèvent essentiellement d’autres problématiques d’intervention.

Et la Suisse dans tout ça ?

Au regard de ces débats, il semble que la Suisse a presque tout juste – notamment en qui concerne les piliers principaux d’une politique industrielle orientée vers la productivité : recherche et innovation, formation et immigration. Il n’est pas nécessaire de développer – chacun connaît les forces de la Suisse dans la recherche, l’innovation et la formation : la qualité et la richesse des conditions cadre, les performances d’un système qui combine l’excellence académique et la vigueur d’un secteur de recherche et formation orienté vers la pratique, la force de nos institutions qui soutiennent les transferts de connaissance et renforcent nos capacités d’action collective. La forte attractivité de la Suisse – à Zürich ou à Lausanne - envers les géants américains de la tech est un indicateur très significatif. Peut-être une note sur l’immigration : la Suisse est capable à son échelle d’engendrer les mêmes rendements croissants que les Etats Unis. La qualité institutionnelle de l’écosystème et sa richesse permettent d’attirer une part d’immigration très qualifiée qui contribue notablement à l’innovation et tend à attirer à son tour de nouveaux entrants très qualifiés. Concentration et agglomération des cerveaux sont des tendances que la Suisse a su activer en sa faveur dans un monde global où la compétition entre nations pour les talents est pourtant exacerbée.

Nuances

Deux nuances à cette vision optimiste. Vu sa position géographique et les interdépendances économiques qui en sont les conséquences, une part de la prospérité future de la Suisse dépend de la manière dont l’Union Européenne résoudra ses propres problèmes et notamment celui d’un marché très fragmenté. Les corrections futures – si elles sont menées à bien par l’Europe dans ce domaine – bénéficieront aussi à la Suisse dans le cadre de relations stabilisées entre les deux entités.

La seconde nuance, c’est évidemment le risque de se tirer une ou deux voire même trois balles dans le pied – le risque donc de se couler tout seul. Ce risque est lié notamment au paquet d’économies qui touche le secteur de la recherche et de l’innovation (Ballester et Foray). Cependant, prendre une position claire sur ce sujet n’est pas si évident. En effet la Suisse – pour de bonnes raisons (viser l’excellence de la recherche et de la haute éducation) – développe et maintient un système de recherche dont la taille est disproportionnée par rapport à celle de son économie. Ceci tient au fait que dans le domaine de la science, l’excellence est conditionnée par la taille absolue (et non pas relative) du système. Pour obtenir ces tailles absolues (en termes d’infrastructure de recherche, d’équipements et de population de scientifiques), un petit pays doit donc investir de manière disproportionnée. Cette disproportionnalité est le prix à payer pour être dans le peloton de tête. Or elle pose des défis particuliers en termes d’efficience, d’internationalisation et d’adhésion de la société. On peut comprendre les mesures d’austérité au niveau fédérale à l’aune de cette question.

Le relai cantonal

Face au plan d’austérité mis en œuvre au niveau fédéral, une part de la réponse se trouve au niveau cantonal. Il convient que les cantons – et notamment ceux qui représentent les places-fortes de l’innovation en Suisse (Zürich, Vaud, Bâle, Genève, Berne, Saint Gall, Neuchâtel, etc..) – mettent en œuvre leur propre politique d’innovation ‘’régionale’’ – centrée sur leurs spécialisations technologiques et économiques. Le Canton de Zürich vient d’annoncer un plan de 25 Millions qui bénéficiera notamment aux technologies des semi-conducteurs (ETHZ, EMPA, MEM) mais aussi au secteur spatial, à la santé digitale et aux technologies propres (par exemple les kérosènes de synthèse pour l’aviation décarbonée), ainsi qu’au secteur du capital risque. 25 Millions, ce n’est pas grand-chose pour un canton aussi riche que celui de Zürich (qui par ailleurs finance son système éducatif et de recherche) mais le signal est positif. De même l’écosystème assez fragmenté de l’horlogerie a su se rassembler dans le Canton de Neuchâtel pour devenir ‘’établissement d’importance nationale’’ au titre de l’article 15 de la loi fédérale d’encouragement à la recherche et l’innovation. On observe le même type d’évolution dans les Cantons de Bâle, Genève ou Vaud –  stimulé par des politiques d’innovation ciblées sur des spécialisations régionales. Bien évidemment, la première condition énoncée ci-dessus pour la mise en œuvre de nouvelles politiques industrielles est plus que jamais essentielle : la conception même des instruments et des interventions est critique pour que l’allocation de ressources soit efficiente. Un défi supplémentaire et pas si facile pour les gouvernements cantonaux.

Des choix politiques proches et lourds de conséquence

Le risque de se tirer une ou plusieurs balles dans le pied est évidemment lié au sort des discussions actuelles sur l’immigration et la démographie et à l’état de nos relations avec l’Union Européenne.  En vertu de ce qui a été dit, tout frein ou recul relatifs à nos orientations actuelles tant sur le plan de la recherche et de l’innovation que sur celui de l’immigration serait catastrophique pour notre prospérité future. Il faut un certain courage politique, vu ce que l’on a dit sur la disproportionnalité entre le système de recherche et de haute éducation et la taille de l’économie. Mais c’est au contraire un engagement encore plus grand – par exemple en direction des jeunes talents formés en Suisse mais non originaires de l’UE ou en direction de la recherche et des entreprises innovantes - que le pays devrait assurer.

Références

Aghion, P., Bergeaud, A., Cette, G. et Jaravel, X., Le décrochage européen est un problème de productivité, Le Monde, Janvier, 2026

Andreescu, M-R, En Europe, l’économie a un grand potentiel mais il faut le financer, Le Monde, Janvier 2026

Ballester, O. et Foray, D., La hardiesse qui fit la Suisse est-elle en voie d’être sacrifiée ?, Le Temps, Janvier 2026

Barjak, F., Foray, D. et Wörter, M., New Innovation Model in Switzerland, SERI Report, 2025

Bradford, A., The false choice between digital regulation and innovation, North-Western University Law Review, 2024

Eichengreen, B., Pourquoi l’Europe perd-elle la course à la productivité ?, Project Syndicate, Le Monde, Avril, 2024

Falck, O., Warum Deutschland eine andere Innovationspolitik braucht, Frankfurter Allegemeine Zeitung, Août 2025

Fischer, P., Industriepolitik? Aber bitte chinesisch!, Neue Zürcher Zeitung, Septembre 2025

Fuest, C, Gros, D., Mengel, P, Presidente G. et Tirole, J., How to escape the middle technology trap, European Policy Analysis Group, 2024

Fuest, C., Gross, D., Mengel, P., Presidente, G. et Rujan, C., Funding ideas, not companies – rethinking EU innovation policy from the bottom up, Institute for European Policy Making, Bocconi University and IFO Institute, 2025

Garicano, L., Holmstrom, B. et Petit, N., The constitution of innovation – a new European Renaissance, 2025

Geisseler, Z., 25 Millionen Franken für die Innovation, Neue Zürcher Zeitung, Mai 2025

HautCoeur, P.C., Il serait utile de régulariser les travailleurs immigrés peu qualifiés, Le Monde, Mai 2026

Jaravel, X., La productivité française décroche, Le Monde, Octobre 2022

Krugman, P., Les données sur lesquelles repose le prétendu retard sont fragiles, Le Monde, Janvier 2026

OFCE, L’Europe paie un sous-investissement chronique continu, Le Monde, Octobre 2025

Swiss Science Council, Mission-oriented research and innovation in Switzerland, SSC Report 1, 2023

Tirole, J., Fuest, C., Gros, D., Mengel, P. et Presidente, G., How to escape the middle technology trap, European Policy Analysis Group, 2024

Tirole, J., Loesekrug Pietri A. et Bergeaud, A., En Europe, il faut mettre en œuvre un marché unique radical, Le Monde, Décembre 2025

Veugelers, R., L’Europe en déficit d’innovation, Le Monde, Mars 2024

Zucman, G., L’idée d’une sclérose européenne face à un eldorado américain ne repose pas sur grand-chose, Le Monde, Décembre 2025

Dominique Foray
Dominique Foray is Professor Emeritus at the EPF Lausanne, where he headed the Chair of Economics and Management of Innovation. His research focuses on the microeconomics of innovation, of knowledge and of related institutions.